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le gros câlin d’Etienne Durot

mercredi 23 mai 2018, par Secrétariat

Mercredi 07 février, au collège, nous, élèves de la La classe de 5e ACTE avons rencontré Etienne Durot, qui exerce la métier de comédien et que nous avons pu voir sur scène car il joue dans la pièce : "Gros Câlin" une adaptation du roman de Romain Gary/Emile Ajar. Nous l’avons interviewé sur son métier et sur son spectacle.
C’est l’occasion, aussi, de mieux le connaître car nous serons amenés à le revoir : il va nous aider à monter un spectacle que nous jouerons en juin prochain.

Etienne et Cipango

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Pendant l’interview

Depuis quand êtes-vous comédien et pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

J’ai découvert ce métier sur le tard. J’avais fait du théâtre avec l’école, à Toulon sur Arroux, j’avais environ 6 ans. En première, une professeure de français nous a fait étudier Rhinocéros, une pièce de Ionesco et j’ai adoré. Elle m’a incité à me rapprocher de compagnies théâtrales amateur, ce que j’ai fait. Après un stage au Cours Florent à Paris, j’ai décidé de devenir comédien.
Comédien est un métier qui s’apprend. J’ai commencé après le BAC au Cours Florent pendant 4 ans. Ensuite, j’ai intégré le Conservatoire national de Paris. Je suis devenu comédien professionnel en 2013.

Depuis quand faites-vous partie de la compagnie de Cipango ?

Cipango était le nom du Japon il y a très longtemps. José Maria de Heredia en parle dans « Les conquérants ». La compagnie a été créée avec des copains du cours Florent, vers 2007-2009. Nous avions envie de voir quels textes on voulait défendre etc...On a monté des spectacles à Paris et nous sommes ensuite allés à Toulon sur Arroux pour faire du théâtre en milieu rural. A Paris, c’est difficile d’avoir du public car il y a beaucoup de spectacles. Nous sommes donc partis à la rencontre du public vivant en milieu rural.

Depuis quand jouez-vous Gros Câlin et pourquoi avez-vous choisi cette pièce ?

Pour que ce spectacle puisse avoir lieu, il y a plein de personnes, qui travaillent : administration, régie, décor... C’est un vrai travail d’équipe.
Gros Câlin a été construit en 2 temps. Le roman a été écrite par Romain Gary qui écrivait aussi sous le nom d’Emile Ajar. Il a eu 2 prix Goncourt sous ses 2 noms.
On a monté des lectures sur cette affaire au lycée Théodore Monod à Blanzy. On était parti sur plusieurs textes dont Gros Câlin. C’était en 2015.
On s’est rendu compte que les élèves étaient touchés par ce texte à cause de l’humour mais aussi ce qui leur parlait, c’était la sensation véhiculée par la pièce de ne pas être au bon endroit, d’avoir du mal à créer des liens sociaux, d’être un peu paumé. C’est le cas de Monsieur Cousin.
Adolescent, j’avais moi aussi du mal à avoir les bons codes pour communiquer, j’avais l’impression d’être enfermé dans une case.
Avec Julie Roux, notre metteur en scène, nous avons décidé d’adapter le texte et d’en faire une pièce. Julie a choisi les extraits du roman qu’elle gardait pour la pièce afin de conserver une unité de lieu.Le roman a 2 fins, dont une fin écologique, c’est celle que nous avons choisie. Ce spectacle a été monté en 2016. On a répété 3 semaines, à un rythme dense. Il a été retravaillé plus tard, pendant 1 semaine et c’est la version que vous avez vue. On a répété le spectacle à Toulon sur Arroux (Moulin des Roches) à Dijon (la Minoterie) au Foyer municipal de Gueugon et enfin à l’ARC au Creusot pour la reprise.
Sur le plan financier, monter un spectacle a un coût. La compagnie Cipango a des aides de l’Etat, du Département, de la Région. Les recettes viennent aussi de la vente des spectacles. 9 personnes ont travaillé sur ce spectacle. Il faut compter entre 80 et 110 mille euros.

Le spectacle : les partis-pris de mise en scène.

Pourquoi êtes-vous le seul comédien sur scène ?

C’est le choix de Julie Roux. Il y a en effet plusieurs personnages dans le roman. Elle voulait parler de l’enfermement. Elle voulait travailler sur une vision du monde via les écrans. Comment peut-on s’enfermer aujourd’hui et ne voir le monde que derrière son écran ? Les autres personnages sont sur des images projetées.

Pourquoi y-a-t-il un musicien ?

Les lectures du point de départ étaient musicales. La musique crée une ambiance, touche les cordes sensibles, suscite d’autres émotions que les mots. En fait, il y a 2 musiciens. Yanal avec sa guitare est sur scène avec moi et Yann en régie envoie des « nappes musicales » avec son ordinateur. Yanal est la voix intérieure de Monsieur Cousin, cette musique qu’il entend sans arrêt.

Pourquoi avez-vous choisi de passer des vidéos dans le spectacle : une vidéo de Chaplin, une vidéo de Monsieur Cousin ?

Monsieur Cousin parle beaucoup de la solitude de Charlot. Il s’identifie beaucoup à Chaplin. Quant à monsieur Cousin, La question est : est-ce que monsieur Cousin rencontre vraiment les personnages ? Monsieur Cousin se met en scène.

Pourquoi avez-vous choisi ce décor ?

Julie a choisi le décor avec sa scénographe. On est dans l’appartement de monsieur Cousin et on se rend compte que cela peut-être la chambre d’un hôpital psychiatrique, l’espace se transforme. C’est ce que nous avons voulu faire passer. Le public peut ne pas voir la même chose.

Qu’est-ce que vous avez mis dans les toilettes pour qu’elles soient grises ?

C’est de l’argile et c’est vert. L’argile sèche en laissant des traces et permet une transformation physique du personnage.

Pourquoi ne montrez-vous pas le serpent ?


La question est : est-ce qu’il y a serpent ou pas ? Est-ce que ce n’est pas lui qui devient serpent pour se trouver une place ? C’est un peu abstrait. Gros Câlin est le premier roman écrit par Romain Gary sous le nom d’Emile Ajar.

Pourquoi avez-vous choisi de prendre à partie le public ?

On s’est posé la question : comment tout ça commence ?
On s’est dit que Monsieur Cousin avait invité du public pour faire une conférence sur la vie des pythons à Paris. C’est pour cela qu’il s’adresse au public et c’est la raison pour laquelle il a des feuilles à la main. Dans le livre, il écrit un traité sur les pythons. Les feuilles qui sortent de sa poche à la fin, c’est son testament.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi à la fin du spectacle vous avez parlé fort et vite ?

C’est un moment où ça déborde. Trop de choses ont été accumulées. Monsieur Cousin est dans l’attente de Mademoiselle Dreyfus qui vient avec deux collègues. Monsieur Cousin ne s’attendait pas à cela. C’est le moment de la faille. C’est l’assiette qui casse.

Combien y avait-il de feuilles à apprendre ?


C’est un très long travail. Romain Gary n’est pas d’origine française. Il a toujours eu cette étiquette d’auteur étranger. Il en joue en écrivant ses textes. Ce sont des phrases très fortes. Romain Gary maîtrisait très bien la langue française. Mais c’est un texte très difficile à apprendre !je me suis arraché les cheveux !

Monsieur Cousin est-il fou ?

Les scènes présentées dans le spectacle existent-elles vraiment dans la vie de monsieur Cousin ?

Je pense que Monsieur Cousin s’invente sa vie à partir de ce qu’il voit et il se crée une vie imaginaire. Ainsi,dans le roman, Mademoiselle Dreyfus qu’on peut prendre pour sa collègue est en fait, une prostituée.

Est-ce que l’on peut dire que Monsieur Cousin est fou ? Pourquoi ne va t-il pas chez le médecin ?

Gary ne veut pas cataloguer les gens. Le problème de monsieur Cousin est de ne pas comprendre la vison du monde des autres. En ce sens il est peut-être fou. A la fin, il est possible qu’il soit à l’hôpital psychiatrique.
Ce qui est certain c’est que Monsieur Cousin souffre beaucoup de la solitude.

Les élèves de la classe de 5e6 Acte

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